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Madagascar affirme avoir mis au point un remède contre le COVID-19 : le Covid-Organics, une tisane fabriquée à base de diverses herbes présentes sur l’île. Un remède vigoureusement rejeté par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui appelle à attendre la tenue de tests scientifiques rigoureux. Pour l’heure, le bras de fer semble pencher en faveur de Madagascar qui a récemment annoncé 105 guérisons sur les 171 cas de COVID-19 déclarés sur ses terres. 

Près de six mois après l’apparition des premiers cas de COVID-19, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) n’a toujours pas annoncé de remède contre le virus qui a fait des milliers de victimes à travers le monde. Une situation ayant conduit certains pays à s’engager dans une véritable course contre la montre, pour le développement local d’un traitement. Si les recherches débouchent sur de belles promesses – à défaut de se solder par de cuisants échecs- certains pays, à l’instar de Madagascar, auraient déjà trouvé une solution. Le nom de ce traitement miracle? Le Covid-Organics. Il s’agit d’une décoction, une tisane biologique, réalisée à partir de plantes malgaches. L’une d’elles, l’artémisia est une plante à effet thérapeutique reconnu contre le paludisme.

Crédit photo : Alibreville

En plus de traiter le COVID-19, le Covid-Organics permet également de prévenir la maladie, selon le président malgache. «Le Covid-Organics est un remède préventif et curatif contre le Covid-19, qui fonctionne très bien», a déclaré Andry Rajoelina dans une interview exclusive accordée à RFI et France 24, le 11 mai à Antananarivo. «À Madagascar, nous avons eu 171 cas, dont 105 guéris» majoritairement par ce remède, a-t-il ajouté, avant de poursuivre : «Une nette amélioration de l’état de santé des patients ayant reçu ce remède a été observée en 24 heures seulement après la première prise. La guérison a été constatée après sept jours, voire dix jours. Ce remède est naturel, non toxique et non invasif».

Des résultats qui ont poussé certains pays africains à expérimenter la solution malgache. La Tanzanie a réceptionné, le 9 mai, des cartons de Covid-Organics. Avec la Guinée  Equatoriale, le Congo, le Libéria et la Guinée-Bissau, elle est l’un des premiers pays à avoir officiellement pris livraison de cette potion, qui n’a cependant pas encore obtenu d’autorisation de mise sur le marché et, malgré les mises en garde de l’OMS. En effet, l’organisme onusien qui recommande des essais cliniques rigoureux, a mis en garde le 7 mai, contre les «remèdes locaux non testés», rejetant ainsi les affirmations de Madagascar selon lesquelles la potion à base de plantes produite dans le pays, peut guérir les patients atteints du coronavirus.

«Nos gouvernements, dans leur déclaration de l’an 2000, se sont engagés, par l’intermédiaire de leurs ministres de la santé, à traiter les thérapies traditionnelles comme d’autres médicaments en les soumettant à des essais [scientifiques]», a rappelé la directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique. «Je voudrais donc plaider et conseiller que cette décision des gouvernements soit suivie», a ajouté le Dr Matshidiso Moeti. Une sortie qui n’a pas manqué de faire réagir le dirigeant malgache, qui a balayé les doutes sur l’efficacité du Covid-Organics. «Si c’était un pays européen qui avait découvert ce remède, est-ce qu’il y aurait autant de doutes ? Je ne pense pas […] Le problème c’est que cela vient d’Afrique. Et on ne peut pas accepter qu’un pays comme Madagascar, qui est le 163ème pays le plus pauvre du monde, ait mis en place cette formule pour sauver le monde», a estimé Andry Rajoelina.

Une «attitude condescendante» de l’OMS vis-à-vis de l’Afrique, à laquelle Madagascar compte bien s’opposer jusqu’au bout. Le pays est d’autant plus conforté dans sa position qu’il n’a encore enregistré aucun décès lié au COVID-19. «En temps de guerre» et avec l’urgence qui va avec, le chef d’État malgache estime que cette seule donnée peut servir de preuve.

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