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La place des Femmes dans la société est encore un sujet épineux, même à notre époque et même dans les sociétés occidentales. Le chemin pour l’égalité entre les deux sexes est loin d’être terminé.

Le Consentement de Vanessa Springora

Éditions : Grasset.

Sortie: janvier 2020.

Séduite à l’âge de quatorze ans par un célèbre écrivain quinquagénaire, Vanessa Springora dépeint, trois décennies plus tard, l’emprise que cet homme a exercée sur elle et la trace durable de cette relation sur sa vie de femme. Au-delà de son histoire intime, elle questionne dans ce récit magnifique les dérives d’une époque et la complaisance d’un milieu littéraire aveuglé par le talent et la notoriété.

Vanessa Springora, née le 16 mars 1972, est une éditrice, écrivaine et réalisatrice française. Elle publie, début janvier 2020, l’ouvrage Le Consentement, témoignage de sa relation avec Gabriel Matzneff lorsqu’elle était adolescente et lui adulte.

Avis de la rédaction :

Livre facile à lire. Autobiographie poignante, qui démontre encore une fois comment une adolescente peut être facilement manipulée par une personne plus âgée, ou pire par un pervers sexuel. Cet écrivain qui était reconnu et très populaire n’a jamais été inquiété de ses actes et ce, jusqu’à aujourd’hui. Comment peut-on, dans nos sociétés contemporaines, laisser de telles personnes en liberté. S’il ne livrait pas autant de détails sur certains moments intimes, ce livre devrait être dans les salles de classe en première et en terminale, afin d’être étudié, d’avertir et d’éduquer nos jeunes.


Chère Ijeawele de Chimamanda Ngozi Adichie

Editions: Gallimard.

Sortie: mars 2017

« Je suis convaincue de l’urgence morale qu’il y a à nous atteler à imaginer ensemble une éducation différente pour nos enfants, pour tenter de créer un monde plus juste à l’égard des femmes et des hommes. » À une amie qui lui demande quelques conseils pour élever selon les règles de l’art du féminisme la petite fille qu’elle vient de mettre au monde, Chimamanda Ngozi Adichie répond sous la forme d’une missive enjouée, non dénuée d’ironie, qui prend vite la tournure d’un manifeste. L’écrivaine nigériane examine les situations concrètes qui se présentent aux parents d’une petite fille et explique comment déjouer les pièges que nous tend le sexisme, à travers des exemples tirés de sa propre expérience. Cette lettre-manifeste s’adresse à tous : aux hommes comme aux femmes, aux parents en devenir, à l’enfant qui subsiste en nous et qui s’interroge sur l’éducation qu’il a reçue. Chacun y trouvera les clés d’une ligne de conduite féministe, qui consiste à croire en la pleine égalité des sexes et à l’encourager.



Chimamanda Ngozi Adichie est une écrivaine nigériane.

Originaire d’Enugu, elle grandit dans la ville universitaire de Nsukka au sud-est du Nigeria où est implantée l’Université du Nigeria à Nsukka (UNN). Durant son enfance, son père enseignait à l’UNN comme professeur de statistiques, et sa mère était la responsable du bureau de la scolarité.

À l’âge de 19 ans, elle quitte le Nigeria pour les États-Unis. Après avoir étudié à l’Université Drexel de Philadelphie en Pennsylvanie, Chimamanda Ngozi Adichie opte pour l’Eastern Connecticut State University afin de vivre plus près de sa sœur, qui exerçait la médecine à Coventry (actuellement à Mansfield, CT). 

Elle poursuit là ses études en communication et en sciences politiques. En 2001, elle y obtient son diplôme universitaire avec la mention honorifique summa cum laude (« avec la plus haute louange »). Elle achève ensuite un master en création littéraire à l’Université Johns-Hopkins de Baltimore en 2003. Elle obtient un M.A. (maîtrise ès arts) d’Études africaines à l’Université  Yale en 2008.
La même année, elle intervient comme « écrivain visiteur » à l’Université Wesleyenne de Middletown dans le Connecticut, où elle participe à la collection Wesleyan’s Distinguished Writers Series.

Son premier roman, « L’hibiscus pourpre » (Purple Hibiscus, 2003), a été sélectionné pour l’Orange Prize et pour le Booker Prize. « L’autre moitié du soleil » (Half of a Yellow Sun, 2006) a reçu l’Orange Prize. 

Son troisième ouvrage, le recueil de nouvelles « Autour de ton cou » (The Thing Around Your Neck), paraît en avril 2009.

En 2013, paraît son quatrième ouvrage, un roman intitulé « Americanah », qui suit le parcours d’une jeune Nigériane partie étudier aux États-Unis, et qui sera confrontée au racisme et à la discrimination. 

Dans « Chère Ijeawele » (Dear Ijeawele),publié en 2017, Chimamanda Ngozi Adichie propose une éducation féministe en quinze points et que cette éducation soit donnée dès le plus jeune âge.

Avis de la rédaction:

Coup de cœur de la rédaction. Je suis convaincue que nous les mamans, avons un rôle important dans la manière dont nous éduquons nos fils et nos filles. Car la discrimination commence tôt et c’est à nous d’enseigner à nos fils que l’homme et la femme sont égaux. On oublie souvent que le monde est sexiste et que c’est à nous de rétablir la parité grâce à l’éducation. Ce livre n’est pas révolutionnaire dans ce qu’il dit mais il est de bon conseil et rempli de bienveillance. Même si la lettre est rédigée à l’attention d’une femme qui est originaire et habite au Nigéria, il n’empêche que tout le monde peut se retrouver dans ce qui est dit. À lire et à offrir !


Femmes invisibles de Caroline Criado-Perez

Éditions: Pocket.

Sortie : février  2020.

Bienvenue dans un monde fait pour les hommes… 

Imaginez un monde où votre téléphone portable vous glisse des mains parce qu’il est trop grand, où vous faites la queue des heures pour aller aux toilettes, où les médicaments que l’on vous prescrit peuvent être mauvais pour votre corps, et où un grand nombre de vos heures travaillées ne sont pas payées…

Si l’un de ces scénarios vous est familier, c’est sans doute que vous êtes une femme.

Cela semble incroyable, mais c’est pourtant une réalité : la plupart des infrastructures et équipements que l’on utilise quotidiennement ont été pensés sans égard aux différences entre les sexes. Pourquoi ? Parce que ce sont des hommes qui ont imaginé le monde dans lequel on vit, et qu’ils l’ont imaginé pour des hommes, à leur image.

Ainsi, si les femmes ont souvent froid sur leur lieu de travail, c’est parce que la température des bureaux est basée sur le métabolisme d’un homme. Si elles sont plus susceptibles d’être gravement blessées lors d’accidents de la route, c’est parce que les tests de sécurité sont effectués sur des hommes d’1,77 mpesant 76 kilos. Enfin, si elles ont davantage de risques de mal réagir à certains médicaments, c’est, encore une fois, parce que les tests scientifiques sont effectués sur des hommes, sans prendre en compte les spécificités du corps féminin.

Tout au long de cette enquête stupéfiante, Caroline Criado-Perez montre que les femmes sont tout simplement absentes de la majorité des études statistiques, au détriment de leur santé, de leur sécurité, et parfois même de leur vie.

Caroline Criado-Perez est féministe et journaliste britannique. Sa première campagne, le Women’s Room project, est en faveur d’une meilleure représentation des expertes femmes dans les médias. Suite à ce succès, elle s’oppose à la suppression de la seule femme sur les billets de banque britanniques, conduisant la Banque d’Angleterre à annoncer l’apparition du portrait de Jane Austen sur les billets de 10 £ en 2017. Sa dernière campagne la conduit à la poursuite de ses harceleurs (et ceux d’autres femmes) sur les réseaux sociaux dont Twitter. Twitter annonce alors des plans pour améliorer ses procédures de plainte. Sa plus récente mobilisation concerne la mise en place d’une statue de femme sur Parliament Square ; la statue de Millicent Fawcett est dévoilée en avril 2018, lors des célébrations du centenaire du droit de vote des femmes au Royaume-Uni.

Avis de la rédaction:

Sans grande surprise, bien que ceci soit toujours alarmant, nous vivons dans des sociétés qui sont conçues par et pour les hommes. Tant pis si par exemple les médicaments, majoritairement testés sur des hommes sont moins efficaces sur nous et tant pis encore si nos problèmes de syndrome prémenstruel ne donnent lieu à aucune recherchée spécifique, faute de moyens financiers mis en oeuvre. Cet essai permet de prendre conscience des lacunes qui existent, mais cela permet aussi de réagir, de prendre des décisions pour aller dans le bon sens, pour faire des économies, pour rendre les gens plus heureux. Ce livre est donc très intéressant à lire si vous voulez comprendre un peu mieux le fonctionnement de la planète Terre entre les deux genres.