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Au Gabon, l’activité agricole s’articule autour de quatre axes : les cultures maraîchères, vivrières, fruitières et de rente. Les trois premières catégories sont destinées au marché local. L’activité de maraîchage s’effectue dans de petites structures en périphérie des villes principales. Si les niveaux de production deviennent intéressants, en particulier grâce aux programmes de coopération mis en place par les bailleurs tels que l’Agence française de développement (AFD), ils restent faibles, et ne compensent pas la nécessité d’importer massivement de l’extérieur pour alimenter les marchés. Le rôle du maraîchage périurbain est essentiel à l’approvisionnement des villes en légumes frais. Les superficies exploitées vont de 0,08 ha à 0,4 ha par maraîcher selon les sites. Les espèces les plus cultivées tout au long de l’année sont l’amarante, la laitue, l’oseille de Guinée et la morelle noire. 

L’essentiel de la production vivrière, quant à elle, est auto consommée. Les exploitations traditionnelles sur brûlis et sur de petites surfaces sont faiblement mécanisées, et l’utilisation d’intrants performants est marginale. Les principaux produits vivriers sont le manioc, l’arachide, la banane plantain, l’amarante, la canne à sucre, la banane douce, l’igname, le taro, le maïs, le concombre, le piment, l’ananas, etc.  L’élevage est aussi peu professionnalisé, hormis quelques unités industrielles à capitaux étrangers (volailles–bovins) et est marqué par la prédominance de petits exploitants fermiers, nationaux ou immigrés, qui travaillent de manière traditionnelle. La viande est ainsi le premier poste à l’importation de produits agricoles et agroalimentaires. S’agissant des cultures dites de rente, l’investissement depuis 2009 dans les cultures de l’hévéa et du palmier à huile a été important, en particulier à la faveur d’investisseurs étrangers (asiatiques). Et le Gabon poursuit une politique de relance de la filière café et cacao à travers le renouvellement de petites exploitations familiales. Ces filières sont avant tout exportatrices. 

Dans le cas des cultures maraîchères, vivrières et fruitières, les agriculteurs ont souvent recours à l’utilisation de pesticides de synthèse pour protéger les plantes des nombreux ravageurs et maladies des cultures. Malheureusement, ces produits ne sont pas sans risques pour la santé. L’agriculture biologique, qui n’utilise pas de pesticides de synthèse, serait la voie pour l’élimination de l’usage de ces produits chimiques. L’agriculture biologique constitue un mode de production qui trouve son originalité dans le recours à des pratiques culturales et d’élevage soucieuses du respect des équilibres naturels. Ainsi, elle exclut l’usage des produits chimiques de synthèse, des organismes génétiquement modifiés (OGM) et limite l’emploi d’intrants. Les bénéfices que la société peut retirer de l’agriculture biologique sont multiples en termes de création d’activités et d’emplois, de préservation de la qualité des sols, de la biodiversité, de l’air et de l’eau. 

Former les agriculteurs aux pratiques de l’agriculture biologique

Néanmoins, cette pratique demande la maîtrise d’alternatives naturelles pour protéger les cultures. Consciente des enjeux de l’agriculture biologique, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a organisé, en décembre 2019, une formation des agriculteurs exerçant dans la périphérie de Libreville. Dans le périmètre maraîcher d’Alibandeng, la pratique du maraîchage est une activité essentielle qui contribue grandement à l’approvisionnement de Libreville en légumes frais. Pour y parvenir, les agriculteurs ont recours à l’utilisation de pesticides de synthèse pour protéger les plantes. Malheureusement, ces produits ne sont pas sans risques pour la santé. 

Une cinquante d’agriculteurs de ce périmètre ont ainsi été initiés aux pratiques de l’agriculture biologique, notamment sur la fabrication et l’utilisation de biopesticides. Les biopesticides sont des pesticides naturels, fabriqués à partir de plantes (feuilles, tiges, etc.) ou de minéraux (cendres de bois, etc.). De façon pratique, les experts de la FAO ont assuré une formation théorique et pratique pour permettre aux agriculteurs d’être capables de protéger leurs cultures en utilisant des matériaux naturels et disponibles localement. Ces derniers ont par exemple appris à fabriquer, avec du piment et des feuilles de papayer, des produits capables de lutter efficacement contre les maladies et autres ravageurs des cultures.

Les avantages de ce type de produits sont à la fois sanitaires, environnementaux et économiques. En effet, ces produits ne sont pas dangereux pour l’environnement car ils se dégradent naturellement et sont moins dangereux pour la santé humaine que les pesticides de synthèse. Leur utilisation coûte souvent moins cher que les produits conventionnels. Le projet a démontré que les biopesticides sont une solution alternative viable aux pesticides de synthèse, solution à promouvoir tout en garantissant une production agricole de qualité à la fois pour l’environnement, l’agriculteur et le consommateur. 

Oser le pari de l’agriculture écologique ? 

A côté de l’agriculture biologique, d’autres tendances sortent également de terre. C’est le cas de l’agro-écologie, qui désigne un ensemble de pratiques agricoles qui entendent créer une symbiose entre l’agriculture et l’environnement. Selon fournisseur-energie.com, site d’informations dédié aux particuliers qui déménagent ou ayant pour projet de déménager, « l’objectif de l’agro-écologie est d’améliorer la production agro-alimentaire tout en ayant une bonne performance environnementale ». Pour atteindre cet objectif, elle se base sur des principes qui mettent l’écosystème en valeur tels que la réintroduction de la biodiversité des espèces cultivées pour améliorer la qualité environnementale, la création de couloirs écologiques pour faciliter la circulation des espèces et la préservation des zones humides. 

« L’agriculture écologique n’œuvre pas uniquement en faveur de l’environnement. Elle est importante du point de vue économique car elle respecte les populations et leurs cultures. Ainsi, elle cherche à : renforcer la souveraineté alimentaire pour que le système alimentaire soit contrôlé par les producteurs, les consommateurs, mettre en avant les producteurs et agriculteurs locaux, améliorer la production et le rendement agricole, etc. », souligne fournisseur-energie.com, précisant que l’un des avantages indéniables de ce type d’agriculture est « sa capacité à s’adapter à tous les types d’environnement. Les principes de l’agriculture écologique peuvent être mis en place en respect avec le contexte local ». Des pratiques que le gouvernement gabonais gagnerait peut-être à vulgariser et à promouvoir auprès des agriculteurs, afin de proposer de meilleurs produits, qui ne contiennent pas d’éléments néfastes à la santé humaine et qui « respectent » l’environnement. 

KANOPEE ou l’agriculture biologique par excellence

L’apiculture est une branche de l’agriculture qui consiste en l’élevage d’abeilles à miel pour exploiter les produits de la ruche, principalement du miel mais également la cire, la gelée royale, le pollen et la propolis. Un bon filon de l’ONG PROBRAM, qui a développé le projet KANOPEE. Celui-ci vise à créer des produits Made In Gabon incluant un miel biologique, dans des milieux reculés, permettant des productions exemptes de toute contamination anthropique et sans destruction de ruches sauvages. Porté par deux Gabonaises Sidonie Zang Obame (responsable de la recherche des financements et des projets à l’ONG PROGRAM) et Dikenane Kombila (Directeur général du cabinet D-KONSULTING),

le projet apicole nourrit de nobles ambitions : création d’emplois durables, lutte contre l’exode rural par l’installation d’un réseau de production, transformation et commercialisation du miel et de produits dérivés. KANOPEE concerne trois sites, où 15 ruches colonisées y sont en cours d’exploitation et produisent régulièrement du miel et de la cire, déjà utilisée qui sert pour des tests de fabrication de crèmes et de savonnettes. La production est en croissance constante, elle est passée de 6 à 70 kg en un an. Un bel exemple d’agriculture biologique. 

Moutobimi : Le « Made in Gabon » par l’agriculture biologique

Créée en 1993 dans la province de la Ngounié, Moutobimi a ancré son exploitation agricole dans l’éco-responsabilité. Dans le cadre de son activité maraichère, l’association présidée par Jeanne Revangue a opté pour une agriculture biologique.

Objectif : « proposer aux consommateurs des produits sains, savoureux et nourrissants du terroir ». L’offre de Moutobimi contient également des produits forestiers non ligneux collectés par des populations. L’association possède une vaste palmeraie de cinq hectares dont elle tire de nombreux produits, certains après transformation, à usage alimentaire, cosmétique, domestique et décoratif (nyembwé, huile palmiste, corbeilles, chasse-mouches, etc.). Moutobimi produit également des feuilles de manioc, chocolat indigène, pâte d’arachides. Cette offre agricole n’aurait pas complète sans tubercule de manioc, igname, patate douce, tarot, maïs, banane plantain, banane douce, avocat, ananas, papaye, atanga, etc. Parce que la forêt nourrit aussi, l’association collecte du miel sauvage auprès des villageois de la Ngounié. Autant d’activités qui épousent parfaitement l’un des défis de Moutobimi : « vaincre la précarité et la malnutrition »

Calixte Mbeng : « Faire passer la contribution du secteur agricole au PIB de 5 à 20% est un des objectifs stratégiques du Gouvernement »

Présentée comme l’un des fleurons de la stratégie de transformation de l’économie gabonaise amorcée en 2010, la Gabonaise des réalisations agricoles et des initiatives des nationaux engagés (Graine) poursuit son enracinement à travers la Société de transformation agricole et de développement rural (Sotrader). 7 ans après le lancement de cet ambitieux programme agricole, quel bilan peut-on en tirer ? Quelles en sont les ambitions ? Le coordinateur général du programme Graine, Calixte Mbeng répond aux questions de la rédaction.

Pouvez-vous présenter la SOTRADER / Programme Graine (création, missions et objectifs) ?

1.1. La SOTRADER :

La société Gabonaise de Transformation Agricole et de Développement Rural (SOTRADER) a été créé le 9 Février 2015 dans le cadre d’un partenariat public privé entre la Société Olam International Limited et la République Gabonaise.

Elle a pour Object :

▪ Etablir, constituer et créer, en une ou plusieurs phases des plantations de palmier à huile ainsi qu’une usine de production d’huile de palme en République Gabonaise et toutes autres productions de types agricoles, telle que, mais de manière non exclusive, noix de cajou, noix de coco, bananes, café, canne à sucre, caoutchouc, cacao ;

▪ Créer toutes installations et moulins destinés à la récolte, à la conservation et à la production de produits agricoles ▪ Organiser des programmes de formation destinés aux agriculteurs, cultivateurs ou exploitants agricole gabonais dans les métiers de l’agriculture ;

▪ Promouvoir et mettre en œuvre tous projets favorisant le développement rural, notamment en donnant l’accès à l’eau potable et à l’électricité ;

▪ Superviser la mise en œuvre et la gestion des coopératives de petits planteurs et de leur fournir la sous-traitance nécessaire ;

▪ Vendre la production et attribuer une partie des revenus de la production des plantations des petits planteurs aux petits planteurs ;

▪ Et plus généralement, réaliser toutes opérations commerciales, financières, mobilières et immobilières se rattachant à l’objet social et à tous objets similaires, connexes ou complémentaires.

Son siège social est à Libreville et elle est implantée présentement dans 7 provinces du Gabon (Estuaire, Haut-Ogooué, Ngounié, Nyanga, Ogooué-Ivindo, Ogooué-Lolo et Woleu-Ntem) et emplois actuellement 81 personnes (1% d’expatriés et 99% de Gabonais).

1.2. Le Programme GRAINE

Fort des succès des PPP relatifs au palmier à huile et à l’hévéa, la République Gabonaise et Olam international Limited se sont associés pour lancer un nouveau programme phare, intitulé Gabonaise des Réalisations Agricoles et des Initiatives des Nationaux Engagés (GRAINE), programme dans lequel les petits exploitants agricoles locaux joueront un rôle important dans le développement des filières des cultures vivrières et des cultures de rente.

Le Programme GRAINE a été officiellement lancé à Libreville, le 22 décembre 2014, par Le Président de la République, Chef de l’Etat Son Excellence M Ali BONGO ONDIMBA.

Il est le fruit d’un partenariat public privé entre la société Olam International Limited et la République Gabonaise matérialisé par la création en février 2015 de la Société de Transformation Agricole et de Développement Rural (SOTRADER).

Le programme a été conçu pour atteindre 3 objectifs majeurs :

• Assurer la sécurité alimentaire du Gabon ;

• Améliorer la vie des gabonais en leur proposant des opportunités entrepreneuriales agricoles attractives, et ;

• Améliorer la balance commerciale du Gabon.

Ces trois objectifs seront atteints en résolvant les 4 problèmes majeurs auxquelles sont confrontés les petits agriculteurs gabonais (caractérisés par l’absence de taille critique, des faibles investissements avec des faibles rendements, génération de revenu insuffisante rendant le métier peut attractif, etc..) :

• Accès à un foncier sécurisé

• Accès au financement et aux intrants ;

• Manque de connaissance des meilleures pratiques ;

• Accès au marché et commercialisation.

Quelques 30 000 familles volontaires seront regroupées au sein de coopératives reparties dans plusieurs centaines de villages intégrés aux infrastructures socio-économiques de base, avec la perspective de créer environ 25 000 emplois. Inscrit dans le cadre du PSGE et du pacte social, ce programme répond ainsi à plusieurs enjeux socio-économiques notamment :

(i) L’amélioration de la sécurité alimentaire par la culture locale des denrées de premières nécessité (banane, manioc taro, huile canne à sucre, etc..) ;

(ii) La diversification et l’enrichissement de la base de l’agriculture gabonaise ;

(iii) La promotion de l’entrepreneuriat agricole ;

(iv) La réduction de la pauvreté par l’autonomisation des populations les plus faibles économiquement ;

(v) La création de l’emploi,

(vi) Le développement économique en milieu rural ;

(vii) La réduction du volume et du coût imputé aux importations des denrées alimentaires ;

(viii) La réduction de l’exode rural, et

(ix) La dotation du pays d’une classe agricole forte.

L’exécution du programme est prévue de 2015 à 2025 en deux (02) phases (phase 1 de 2015 à 2020 et phase 2 de 201 à 2025). Sur la plan opérationnel les surfaces a emblavé seront de 200 000 ha (dont 60% pour les petits planteurs et 40% en régie pour la SOTRADER) de nouvelles plantations de cultures vivrières (Banane, manioc, tomate, piment, etc ..) et de cultures de rente (Palmier à huile, Hévéa, Café, Cacao, etc..).

Pour la 1ère phase (2015-2020), les objectifs assignés au programme sont :

• 17 000 ha de cultures vivrières dans les 9 provinces du pays

• 30 000 ha de palmier à Ndendé

Les ressources financières nécessaires à la mise en œuvre du Programme son déclinés dans le tableau ci-dessous :

Pour la gouvernance de sa mise en œuvre, le programme GRAINE est organisé ainsi qu’il suit :

1. Le Comité de Pilotage (COPIL) : Crée à la Présidence de la République, il est l’organe d’orientation, de facilitation et de décision du Programme.

2. Le Secrétariat Technique du COPIL : est l’organe opérationnel et de soutien du Comité de Pilotage, il assure le suivi de la mise en œuvre des activités du Programme GRAINE par les différents opérateurs.

3. Les Coordinations Techniques Provinciales : placées sous l’autorité des Gouverneurs, elles assurent la validation des programmes de travail et budgets annuels, le suivi des activités et la facilitation du Programme GRAINE au niveau Provincial ;

4. Les opérateurs du Programme qui sont chargés de la mise en œuvre des activités opérationnelles du Programmes. A ce jour la SOTRADER (Opérateur historique) et l’Unité de Coordination du Projet d’Appui au programme GRAINE phase 1 (PAPG1) sont les deux opérateurs du Programme.

Quel bilan faites-vous de la première phase (2015-2020) de la Gabonaise des réalisations agricoles et des initiatives des nationaux engagés (Graine). A quand le lancement de la deuxième phase ?

Même si l’impact global escompté reste encore attendu, il est établi que le programme GRAINE reste l’un des principaux projets de développement agricole au Gabon. Il a introduit une nouvelle dynamique dans le monde rural et suscité un engouement certain au niveau des populations cibles.

Les réalisations consolidées au 31 décembre 2019 sont :

• 7 centres provinciaux ouverts (G1, G2, G4, G5, G6, G7 et G9) ;

• 843 Coopératives enregistrées (17 806 membres) ;

• 399 Agriculteurs indépendants enregistrés dont 48 en activité ;

• 70 coopératives en activité avec 1136 membres actifs ;

• 734 agréments délivrés aux Coopératives ;

• 167 titres fonciers délivrés aux coopératives ;

• 230 sites des coopératives validés (selon la procédure du cadre de diligence environnemental et social du Programme GRAINE) ;

• 4 centres de trempages de manioc construits et équipés ;

• 13 551,29 ha aménagés (3561,29 ha pour les cultures vivrières et 10 000 ha pour le palmier à huile) ;

• 9767,92 ha plantés (2236, 92 ha pour les cultures vivrières et 7531 ha pour le palmier à huile) ;

• 4 fermes agropastorales de 50 ha chacune (Ntoum, Motobo, Lebamba et Oyem) cédées par l’Etat au profit du Programme GRAINE ;

• Mise en service du premier marché GRAINE au Charbonnage (en face du Lac bleu), de trois points de vente GRAINE au quartier Louis, au Port d’Owendo et à Tsika (Siège de la SOTRADER) ;

• Démarrage des activités de transformation et de commercialisation du poisson (cas du thon) par la SOTRADER ;

• 5308,45 tonnes récoltés (171,28 t de banane, 3995,28 t de manioc, 123, 076 t d’ananas….) et ;

• 1200 emplois directs (dont 85% concentrés au niveau de la plantation agro industrielle de palmier à huile de Ndendé) ;

• Lancement officiel du PAPG1 par le Premier Ministre, Chef du Gouvernement le 04 Octobre 2019.

L’objectif derrière le programme Graine est de faire passer la contribution de l’agriculture au PIB de 5 à 20%, est-il toujours d’actualité ?

Faire passer la contribution du secteur agricole au PIB de 5 à 20% est un des objectifs stratégiques du Gouvernement et il reste d’actualité. Le Programme GRAINE, en tant que programme agricole majeur du pays apportera sa contribution à l’atteinte de cet objectif au même titre que les autres projets du secteur agricole. Les objectifs du Programme sont doubles.

Quelle est l’idée derrière l’ouverture de marchés Graine à Libreville ? Ce projet va-t-il toucher l’intérieur du pays ?

Dans la perspective d’assurer aux producteurs gabonais la commercialisation de leur production et des revenus décents d’une part et d’autre part, de garantir aux consommateurs locaux l’accès à des produits agricoles de qualité et à des coûts raisonnables, Le Comité de Pilotage du Programme GRAINE a mandaté la SOTRADER à devenir le trader national de la production agricole nationale. Pour ce faire, elle développera un réseau de points de collecte et de vente sur l’ensemble du territoire nationale. C’est à ce titre que le programme de marché et de pointe de vente GRAINE a démarré en 2019 dans la province de l’Estuaire (Marché GRAINE du Lac Bleu, Points de vente GRAINE à Louis, à l’aéroport de Libreville et à GSEZ Port d’Owendo). Il va se poursuivre dans les 9 capitales provinciales, dans la Commune d’Akanda et dans les grands quartiers de Libreville.

Quelles sont les ambitions de SOTRADER en 2020 et dans les années à venir ?

Conformément au décisions prise par le Comité de Pilotage du Programme GRAINE en sa séance du 11 juin 2019 et conformément à son mandat, la SOTRADER a pour ambitions :

• D’accélérer le développement prioritaire des chaînes de valeur liées au manioc (3000 à 5000 ha dans les principaux bassins de production du pays) et à la banane (1000 à 1500 ha dans la Remboué) ;

• De valoriser au maximum l’exploitation des fermes agropastorales de Ntoum, Motobo/Franceville et d’Oyem pour alimenter les marchés urbains de Libreville, Owendo, Akanda Franceville, Moanda et Oyem ;

• De poursuive le projet de transformation et de vente du poisson ;

• De poursuivre le projet de construction de points de ventes et de marchés GRAINE dans les capitales provinciales, les sites d’Olam Palm Gabon (Awala, Mboukou, Mandji et Moutassou) et d’Olam Ruber (Bitam) ;

• De renforcer les capacités des bureaux des coopératives et mettre en place le dispositif de paiement électronique pour favoriser l’inclusion financière des agriculteurs et sécuriser leurres transactions ;

• De contribuer à la mise en œuvre du Projet d’appui au Programme GRAINE phase 1 ;

• De mettre en place un « Club GRAINE » ;

• De finaliser la réorganisation et renforcé les capacités de la SOTRADER.

Comment envisagez-vous une agriculture éco responsable ?

Elle doit s’envisager comme une agriculture s’inscrivant dans le développement durable, à travers une approche visant à éviter l’épuisement des ressources naturelles. Elle est une troisième voie par rapport à l’agriculture conventionnelle et l’agriculture bio (ou l’usage des pesticides, des engrais chimiques, etc, est proscrite). Elle doit promouvoir l’usage des bonnes pratiques agricoles en faveur de l’environnement et de la santé. Elle doit intégrer une démarche globale de gestion de l’exploitation qui vise au-delà du respect de la règlementation, à renforcer les impacts positifs des pratiques agricoles sur l’environnement, à réduire les effets négatifs en limitant les intrants et en mettant en œuvre des moyens de lutte biologiques et ce, sans remettre en cause la rentabilité des exploitations.

Pour ce qui concerne le Programme GRAINE, un guide des bonne pratiques agricoles a été élaboré, édité et mise à la disposition des agriculteurs et des équipes techniques de la SOTRADER. L’objectif de ce guide est de permettre à chaque agriculteur enrôlé dans le Programme GRAINE d’exercer une activité rémunératrice tout en respectant son environnement. Les notions de gestion des eaux, des pentes, des forêts, des produits phytosanitaires, des engrais ou encore des sols sont expliqués à la fois par des textes, par des photographies et par des illustrations. L’objectif ultime est de donner l’opportunité à tous les agriculteurs de maîtriser des mesures simples et importantes qui garantiront un développement agricole respectueux de l’environnement.