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Le 24 octobre 2019, le chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba recevait au palais présidentiel, Thierry Deau, le président directeur général du groupe Meridiam, Gagan Gupta, le président directeur général d’Arise Holding, la filiale du groupe Olam international, et les ministères concernés par ledit projet, pour la signature d’un contrat de partenariat formalisant la construction de la route la Transgabonaise. 

A 3 ans de la prochaine présidentielle, période à laquelle il devra mettre en jeu son fauteuil, la réalisation du projet de la Transgabonaise présente une sortie honorable de fin de mandat pour Ali Bongo. 

Estimé à 700 milliards de FCFA, c’est un projet linéaire de 780 km, la route la plus longue du Gabon et qui traversera le pays d’Est en Ouest, de Libreville à Franceville. Les travaux seront réalisés à partir de la localité d’Alembe jusqu’à Lastourville, en passant par Mikongo au lieu-dit Carrefour Leroy sur un linéaire de 300 km en contournant le parc national de la Lopé. Le projet sera axé sur une route de type 2×1 voie et 2×2 voies, en fonction des résultats des études du tracé sur le terrain et de sa faisabilité. Le tronçon traversera les provinces du Haut-Ogooué, l’Ogooué-Lolo, l’Ogooué-Ivindo, le Moyen-Ogooué et l’Estuaire.  

Source : Ministères des Travaux Publiques – RG

En attendant le bouclage de la phase financière et les études d’impact environnemental en cours, le lancement des travaux devrait intervenir en juillet 2020, afin que la Transgabonaise soit opérationnelle avant fin 2023.

Avec le succès de la construction de la Zone à régime privilégié de Nkok, le nouveau port d’Owendo, et le Port minéralier d’Owendo, fruit d’un accord avec Arise Holding, l’Etat gabonais semble désormais privilégier les partenariats public-privés. Un mode de financement de travaux publics par lequel des prestataires privés vont apporter le financement et assurer la gestion et ou la contribution des équipements du service public et ce pour le bien-être des populations. 

La Transgabonaise présente un enjeu de développement économique majeur pour le pays, car elle permettra de relier les grands espaces agricoles, d’accroître les échanges commerciaux ce qui aura pour conséquences directes une meilleure attractivité des prix des produits agricoles et autres marchandises et de réduire la durée des trajets et ainsi  favoriser le développement local. 

Source : Ministères des Travaux Publiques – RG

C’est la Société Autoroutière du Gabon (SAG), filiale de Meridiam et d’Arise Holding, qui sera chargée de la réalisation de la Transgabonaise, et de la maintenance de cet axe routier comme une concession d’autoroutes de 30 ans d’exploitation avec notamment un droit de péage pour les grumiers et autres poids lourds. Ce projet phare et déterminant permettra de créer plus de 3000 emplois directs et indirects. 

Meridiam, est un groupe français spécialisé dans la construction et gestion d’infrastructures publiques sur le long terme et qui a participé à la construction du Port minéralier d’Owendo, dont il est actionnaire à hauteur de 25%. Meridiam est également chargé du financement, de la conception et de l’exploitation de la centrale hydroélectrique de Kinguélé Aval.

Arise Holding, filiale du groupe singapourien Olam International a réalisé plusieurs infrastructures au Gabon, dont le nouveau port international d’Owendo, le port minéralier d’Owendo et la Zone à régime privilégié de Nkok. 

La signature de cet accord annoncé à renfort de grand coup médiatique, peut laisser à juste titre perplexes les populations excédées par l’annonce de nombreux projets qui se sont soldés par des éléphants blancs à cause des détournements des deniers publics ces dernières années. 

Mais Ali Bongo plus que jamais y croit. C’est l’un de ses plus grands projets, loin devant la route de Port-Gentil/Omboué, qui à titre de comparaison, a coûté 350 milliards de FCFA. Quand ce projet qui va transformer le Gabon en matière d’infrastructures et sur le plan économique sera livré, c’est bien plus que la réhabilitation de l’image du chef de l’Etat dont il est question, c’est avant tout celle de notre pays et celle des populations locales qui auront enfin un véritable outil, levier de développement et de création de richesses garant de leur épanouissement.

On se doit de rester enthousiaste face à ce nouveau projet d’envergure non sans se rappeler les manquements d’autres projets ambitieux qui n’ont pu hélas voir le jour du fait principalement de la corruption dans notre pays, de l’amateurisme et autres… Ce projet de par sa réussite rétablira l’avenir en confiance et le cap sur l’émergence nécessaire au rayonnement de la population gabonaise, de l’image du Gabon à l’international comme terre d’accueil pour les investisseurs étrangers.