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Au nom de l’allégeance du Président de la CAF, Ahmad Ahmad, à Gianni Infantino (Président de la FIFA) pour avoir réussi à faire tomber Issa Hayatou, les réformes de la FIFA pouvaient passer comme une lettre à la poste. Même si l’arrivée de Fatma Samba Diouf Samoura, Secrétaire générale de la FIFA à la CAF a été présentée comme une demande du patron du football africain pour redresser la gouvernance au sein de son institution, les détracteurs du Malgache ont évoqué une véritable injonction de l’Italien.

Devant ce micmac, Gianni Infantino ira plus loin dans ses réformes, en évoquant au Maroc, le passage de la CAN d’une édition tous les 2 à une édition tous les 4 ans. Cette proposition aux allures d’injonction de trop a comme noyé toutes les recommandations du travail abattu par Fatma Samba Diouf Samoura et son équipe au profit de la CAF. 

LA RÉVOLTE DU COMITÉ EXÉCUTIF 

On peut relever au-delà du fond, l’absence totale de diplomatie du Président de la FIFA qui a donné l’information devant « le gouvernement du football africain ».

La surprise était grande de voir certaines anciennes gloires du football africain comme Didier Drogba soutenir une telle position. Au même titre que le souhait de voir la mission du SG de la FIFA se prolonger de 6 mois, le Comité exécutif a tranché pour la fin du mandat de Fatma  Samoura  en Egypte. La CAF peut poursuivre les réformes en suivant une feuille de route qui n’est pas à négliger.

L’ARGUMENT FINANCIER CONTRE LA FÊTE DU FOOTBALL AFRICAIN 

En appuyant son argumentaire sur l’aspect financier pour justifier une idée qui n’a pas trouvé l’adhésion du Comité exécutif de la CAF, Gianno Infantino s’est sérieusement planté voire fragilisé. Surtout qu’il est resté évasif sur les mécanismes de rentabilité financière de la compétition. Cette fois, Ahmad Ahmad peut s’appuyer sur son Comité exécutif pour repousser une telle proposition et désavouer son mentor. Une question demeure, si Gianni Infantino avait su y mettre les formes, quelle aurait été la position personnelle du Président de la CAF? Mais sur cette question, on peut au moins affirmer que les points de vue sont radicalement opposés entre les deux hommes.

© CAF

LA CAN CHAQUE 4 ANS OU LE SOUHAIT DES CLUBS EUROPÉENS 

Si Liverpool n’est plus le même sans Sadio Mané ou Mohamed Salah entre autres, le football européen a toutes les raisons de mettre la pression sur l’ancien Président de l’UEFA pour avoir les footballeurs africains ou à défaut, d’exercer une pression directe sur ses  employés.  » Didier Ovono Ebang le portier des Panthères avait perdu sa place de titulaire dans son club en Belgique, pour avoir accepté de répondre à la convocation de l’équipe nationale pour la CAN alors que le club lui demandait de rester… » affirme Pablo Moussodji Ngoma, l’officier médias des Panthères du Gabon, qui a dirigé le sport pendant 16 ans sur les deux chaînes publiques gabonaises. Comme pour enfoncer le Président de la FIFA, un autre journaliste qui a requis l’anonymat dira que » Toutes les réformes qui ne sont pas passées quand il était Président de l’UEFA, il veut les expérimenter à  la CAF comme si c’était la seule confédération… » 

La CAN est avant tout une fête qui transcende tous les aspects financiers. C’est une vraie tribune de visibilité pour les footballeurs africains. Donc, l’idée de passer à une édition tous les 4 ans aura du mal à épouser la vision des Africains qui y voient plus un rendez-vous festif.