Durée de lecture : 3 minute(s)

Agences de voyages et de tourisme, hôtels, restaurants, centres de loisirs, opérateurs du  secteur de l’évènementiel et artistique, discothèques, bars, compagnies aériennes, mais aussi établissements scolaires, primaires, secondaires et universitaires, sont de loin les secteurs les plus touchés par la crise économique liée à la crise sanitaire du COVID 19. Les entreprises de ces secteurs ne perçoivent aucun revenu mais doivent continuer d’honorer leurs charges dans le même temps. Pour les autres acteurs économiques, l’activité tourne au ralenti et ils enregistrent des pertes conséquentes. Tous les pays devront rapidement mettre en place des mesures pour soutenir leur économie et ainsi limiter la « casse ». Au Gabon, l’État a annoncé des mesures d’encadrement et d’accompagnement mais il est difficile de dresser un bilan de suivi et des réalisations à ce jour. Les entreprises ont elle aussi consenti des efforts dans la plupart des cas pour permettre un maintien de l’activité quand cela est possible, honorer les engagements vis-à-vis des clients, des fournisseurs et des salariés. Ces derniers devront eux aussi consentir des efforts de leur côté et accepter des mesures sans précédent pour maintenir un niveau de vie décent et ne pas sombrer dans la précarité. Autant le dire clairement, aucune force vive ne fera l’économie de sacrifices dans le but de résister et d’affronter ensemble les conséquences désastreuses de cette pandémie.

En effet, la crise actuelle est exceptionnelle à plus d’un titre. En plus d’être une crise sanitaire, elle fait déjà d’effroyables dégâts sur les plans économique et social, au point que de nombreux experts parlent de séisme, ce que révèlent des témoignages dans le secteur de la restauration en particulier  mais aussi du tourisme, où les opérateurs peinent véritablement à joindre les deux bouts. Si avec le déconfinement, les transporteurs ont partiellement repris leur activité, ceux qui vont dans les provinces, à l’intérieur du pays, sont mécontents de cet arrêt de travail «forcé» et le font savoir.

Aujourd’hui, l’économie planétaire est totalement désorganisée. Ainsi, pour ce professeur d’économie de l’Université Omar Bongo, loin de toute complaisance, le pays va connaître une année de récession économique. Il considère que c’est «le chiffre de croissance le plus mauvais suite à un choc économique que le pays va traverser ». Les entreprises broient du noir en ce moment et beaucoup n’hésitent plus à écrire à leur ministère de tutelle pour solliciter une réorganisation voire une réorientation afin de contenir les conséquences catastrophiques du COVID19. Un cri d’alarme des opérateurs touristiques qui ont ainsi adressé un courrier à leur ministère pour lui signifier leur désarroi « Les opérateurs du secteur du tourisme ont été les premiers à devoir fermer leurs établissements et ils seront certainement les derniers à rouvrir. Il devient urgent de mettre en place des mesures d’accompagnement plus adaptées à notre secteur qui est vraisemblablement l’un des plus sinistrés. » 

En Afrique centrale, le Gabon, le Congo, la Guinée Equatoriale et le Tchad seront les pays les plus impactés par la crise. En effet, le directeur du Bureau de la commission économique des Nations Unies, Antonio Pedro , a annoncé lors d’une conférence de presse qui s’est tenue au Cameroun, sur l’évaluation des impacts du COVID19, une baisse de l’activité économique de l’ordre de 4.7 points de pourcentage de leur croissance du PIB pour cette année 2020, et de conclure que le coût de la crise s’élèvera « en milliards de dollars pour la combattre et la moitié du potentiel de croissance » pour l’ensemble du continent africain. La crise économique ne fait que commencer, pour autant, l’impact de cette dernière se fait déjà ressentir, et nul ne sait quand la situation reviendra à la normale. De ce fait, les débats actuels devraient aussi porter sur la nécessité d’un plan de relance de sortie de crise.