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Bon élève en matière de respect de l’environnement, le Gabon traine cependant quelques tares. Parmi celles-ci, l’absence d’un centre de tri des ordures. Également appelées centre de tri des déchets municipaux, il s’agit d’installations où les déchets issus des collectes sélectives sont triés plus précisément, conditionnés et stockés avant d’être recyclés. Généralement, les déchets concernés sont les corps creux (verres, plastiques, acier, aluminium). De telles installations seraient bénéfiques pour le pays à plus d’un titre. 

Les enjeux liés au recyclage des emballages plastiques sont nombreux et essentiels, car ce geste éco-citoyen est au cœur de l’économie circulaire. Les emballages collectés auprès du consommateur par sa collectivité locale sont transportés vers les centres de tri. Ceux-ci sont indispensables pour permettre aux usines de recyclage d’obtenir une matière de bonne qualité qui pourra ensuite redevenir de nouveaux produits et de nouveaux objets. Le suivi de la qualité des matières recyclées est effectué en sortie de centre de tri par le personnel du centre de tri ; à l’entrée des usines de recyclage par le personnel de l’usine ; et, à différents niveaux en centre de tri et chez les recycleurs par des organismes indépendants. 

Le recyclage des emballages plastiques est plein d’avenir pour la planète. En plus d’offrir de nombreux débouchés durables, il permet des économies de ressources et de CO2 considérables. Il offre également aux industriels du recyclage, les approvisionnements nécessaires à leurs usines. Recycler les déchets plastiques peut également contribuer à créer des emplois durables : agent de collecte, agent de tri, ambassadeurs de tri, conducteurs d’engins… Cette activité un intérêt social et peut constituer une source d’avenir pour tous les habitants d’une commune. 

Avec autant d’opportunités derrière le tri des déchets, comment le Gabon peut-il rester en marge d’une telle industrie ? Pourtant un tel projet a déjà été évoqué dans le pays. En 2013, le ministère de l’Intérieur et l’Agence Nationale des Grands Travaux (ANGTI) avaient lancé étude de faisabilité de la nouvelle installation de gestion des déchets de Libreville. 

« L’objectif de la présente étude consiste à mettre en œuvre un projet complet de l’ensemble des installations et mesures contribuant à développer et promouvoir la gestion des déchets ménagers et assimilés pour un développement durable, préparé au niveau d’une étude de faisabilité permettant aux autorités gabonaises de prendre une décision bien fondée pour la poursuite de toutes les étapes du projet », expliquait le descriptif du projet. 

L’étude devait déboucher sur la construction d’un site du centre de traitement et de valorisation des déchets (CTVD) comprenant : une décharge, une unité de valorisation énergétique « WTE », un centre de tri et une unité de traitement des déchets d’activités de soins (DAS). Sept ans après le lancement de l’étude de faisabilité, le projet n’a jamais vu le jour et ne semble pas faire partie des priorités du gouvernement. Pourtant, le Gabon serait bien inspiré de le sortir des tiroirs pour donner un peu plus de couleurs au pays, présenté à l’international comme un « havre de paix, de stabilité et de propreté ». En amont, il faudrait peut-être régler la question de la collecte d’ordures ménagère, en perdition depuis années.